Pascal Bataille : Du bruit médiatique au silence philosophique
Pascal Bataille, ex-animateur et propriétaire d’un hôtel au Cap Ferret, aborde la philosophie du silence dans son nouvel ouvrage.
Passé maître de la télévision avec l’émission « Y’a que la vérité qui compte », Pascal Bataille est également le gérant de l’hôtel Côté Sable. Sa nouvelle casquette de philosophe pourrait surprendre, mais cela ne fait que compléter son parcours. En effet, Bataille a récemment publié « Petit traité du silence à l’usage des gens bruyants » aux Éditions Guy Trédaniel, inscrivant son nom aux côtés de deux autres auteurs, Mathias Leboeuf et Christopher Laquieze.
Diplômé en philosophie et ayant une solide formation littéraire et journalistique, Pascal Bataille ne cherche pas vraiment à mettre en avant sa formation académique. Cependant, il exprime une interrogation sur sa légitimité à traiter de sujets philosophiques. « Mes proches savent à quel point je m’intéresse au savoir, mais est-ce que j’ai l’autorité pour le faire ? » se questionne-t-il.
Dans son livre, il met en lumière l’importance de réévaluer des concepts souvent délaissés, à commencer par le silence. Alors qu’il vit avec des acouphènes depuis plus de trente ans à cause d’une tumeur sur le nerf auditif, il souligne que le silence est une notion essentielle, celle de l’écoute et du respect mutuel. « Je n’ai jamais le silence, mais chacun devrait apprendre à respecter cet espace pour réfléchir », affirme-t-il.
Avec un style accessible et captivant, Pascal Bataille explore divers aspects du silence : son impact en science, les illusions sonores, son évolution historique, ou encore son rôle dans la musique, qui ne peut exister sans lui. Mentionnant des figures littéraires comme Marguerite Duras et des thèmes artistiques tels que le célèbre cri d’Edvard Munch, il élargit considérablement la définition du silence.
Il évoque également l’« infobésité » de notre époque, soulignant la difficulté de trouver du calme dans un monde saturé d’informations. Illustrant son propos, il se souvient d’un moment lors de la première émission où un silence d’une minute avait provoqué des interrogations lors du montage : « Il doit y avoir une erreur », avait-on dit. Mais pour lui, ce silence était intentionnel et révélateur de l’importance de son message.
Source : Sudouest.fr
