Érosion au Cap Ferret : des travaux de consolidation pour le Mimbeau

Des travaux de consolidation de la digue sous-marine du Mimbeau seront entrepris au Cap Ferret, bien qu’aucune urgence n’ait été identifiée.

Le jeudi 13 février, une réunion a eu lieu à la mairie annexe de Cap Ferret, rassemblant élus, riverains, représentants de l’État et experts du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). L’objectif était d’évaluer la situation de l’érosion au Mimbeau, de déterminer si un creusement de la fosse était en cours et de discuter des mesures à prendre pour protéger cette zone fragile.

Cette conche sableuse, située au sud du village de Ferret, est soumise aux puissants courants du canal du Teychan, qui déversent 400 millions de mètres cubes d’eau à chaque marée descendante. Pour contrer cette érosion, une digue sous-marine, construite il y a plusieurs décennies par des ostréiculteurs, a été mise en place. Cependant, elle n’a pas bénéficié d’entretien depuis plusieurs années et a montré des signes de vulnérabilité.

Les préoccupations concernant l’état de la digue ont émergé l’année dernière quand plusieurs ostréiculteurs, inquiets pour leurs parcs, et des associations locales ont passé le mot d’alerte. Ils se sont appuyés sur un relevé bathymétrique établi par le Syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon (Siba), qui indiquait une perte de 27 000 m³ de terrain dans trois zones à surveiller.

En réponse aux inquiétudes, l’État et la municipalité ont sollicité l’Observatoire de la Côte Nouvelle-Aquitaine (OCNA) pour évaluer l’évolution de la situation. Les résultats de l’expertise réalisés par le BRGM, présentés ce jour-là, ont confirmé le creusement de la fosse, tout en minimisant tout risque d’effondrement. Les experts ont noté que les mouvements observés sont conformes à ceux déjà perçus ces dernières années, sans indiquer d’accélération notable du phénomène érosif.

Cependant, cette analyse n’a pas convaincu tous les participants, notamment Benoit Bartherotte, qui a critiqué l’approche du BRGM, soulignant qu’au fil des ans, l’organisme n’avait jamais mentionné l’importance de la digue ni des problèmes d’entretien qui l’affectent. Malgré l’absence d’urgence, les autorités semblent planifier une action rapide, autorisant dès cet été les ostréiculteurs à renforcer la digue.

Le sous-préfet, Jean-Louis Amat, a confirmé que l’État fournira une assistance technique et juridique pour élaborer un projet de protection, lequel fera l’objet d’une évaluation environnementale. Ce projet, qui touchera une dizaine de concessions ostréicoles, nécessitera un suivi rigoureux pour en mesurer l’efficacité.

Olivier Laban, président du Comité régional conchylicole Arcachon Aquitaine, a exprimé l’importance de ces travaux, visant à protéger à la fois les parcs ostréicoles et les riverains des effets de l’érosion. Bien que ce phénomène soit ancien, il souligne que les ostréiculteurs avaient auparavant plus de ressources pour en assurer l’entretien, une option désormais limitée par la réglementation en vigueur depuis 2014. Avec cette nouvelle initiative, ils pourront enfin agir pour sécuriser la zone.

Source : Sudouest.fr

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