Cap Ferret : une pétition pour réformer l’impôt sur la fortune

Un habitant du Cap Ferret lance une pétition afin de modifier l’impôt sur la fortune immobilière, jugé injuste par rapport aux revenus des foyers.

Un résidant du Cap Ferret, mécontent de l’impact de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), a décidé de créer une pétition pour demander une réforme. Depuis l’instauration de l’IFI en 2018, cet impôt ne prend pas en compte les revenus des contribuables, ce qui suscite l’inquiétude de nombreux foyers fiscaux. Cet homme, se présentant sous le pseudonyme « Victime de l’IFI », a adressé sa demande à l’Assemblée nationale.

Dans sa pétition, il explique avoir récemment subi un contrôle de l’IFI. Bien qu’il ait transmis la propriété d’une de ses maisons à ses enfants tout en conservant l’usufruit, il est confronté à des évaluations fiscales qui ne tiennent pas compte de sa réelle situation financière. « J’ai construit ces maisons pour les léguer à mes enfants. Je les ai acquises pour 240 000 euros chacune, mais elles sont aujourd’hui évaluées entre 1,2 et 1,5 million d’euros. Avec une retraite de seulement 3 000 euros, comment puis-je payer 8 000 euros par an de cet impôt injuste ? », s’interroge-t-il.

À l’heure actuelle, la pétition n’a récolté que 14 signatures, dont quatre provenant de Lège-Cap-Ferret. Ce cas particulier soulève la question de la fréquence de cette situation. Sur la presqu’île, il n’existe pas de statistiques précises concernant les foyers soumis à l’IFI, en raison de son effectif limité de moins de 20 000 habitants. Selon l’État, toute personne possédant un patrimoine immobilier d’une valeur nette supérieure à 1,3 million d’euros est concernée par cet impôt, une situation assez courante au Cap Ferret où les biens immobiliers affichent généralement des évaluations élevées.

Les transactions immobilières dans la région illustrent clairement cet enjeu. En novembre dernier, une maison de 110 m² s’est vendue pour 2,084 millions d’euros. De nombreux biens en vente dépassent le million d’euros, rendant l’IFI inévitable pour de nombreux propriétaires. Les prix s’enflamment, comme le montre la vente d’une maison de 145 m² à 4,59 millions d’euros ou celle de 139 m² à 8 millions d’euros en 2024.

Ce phénomène attire également des héritiers de patrimoines conséquents, qui se retrouvent avec des biens d’une valeur supérieure à 1,5 million d’euros, sans pour autant bénéficier de revenus proportionnels. Ces situations, comme celle de l’auteur de la pétition, ne sont donc pas isolées, même si elles pourraient être perçues comme des préoccupations relatives à une classe plus aisée.

Les résultats de l’IFI dans d’autres communes du Bassin d’Arcachon, comme La Teste-de-Buch et Gujan-Mestras, indiquent une augmentation du nombre de foyers assujettis, avec respectivement 394 et 88 foyers pour 2024. La Teste-de-Buch, par exemple, a vu une augmentation de 53 foyers par rapport à l’année précédente, tandis que Gujan-Mestras a enregistré sept nouveaux contribuables.

Ainsi, la pétition de « Victime de l’IFI » intervient à un moment où l’État a récemment publié des chiffres concernant l’IFI, en révélant une tendance à la hausse des foyers imposables dans la région, même si l’investissement immobilier demeure un choix judicieux sur le long terme.

Source : Sudouest.fr

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