Cap Ferret : relance de l’affaire de l’étude fantôme contestée
Une enquête sur une étude polémique concernant la digue de Benoît Bartherotte ravive des questions sur le Plan de prévention des risques littoraux à Lège-Cap-Ferret.
Le dossier réanimé par trois associations de propriétaires, y compris celle de Benoît Bartherotte, souligne des accusations de « falsification » concernant le Plan de prévention des risques littoraux (PPRL) de Lège-Cap-Ferret. Ce climat de tension rappelle une affaire qui date de 1997 : l’étude controversée menée par le bureau d’études Sogreah concernant l’évolution du littoral sur la face orientale du Cap Ferret.
Au début de l’année 1997, Sogreah a soumis un rapport qui soutenait que la digue de Benoît Bartherotte empêchait un recul du trait de côte estimé entre 50 et 80 mètres. Cependant, en juillet 2001, Bartherotte découvre qu’une autre étude de Sogreah, datée de décembre 1997, remettait en cause ses conclusions en qualifiant sa digue de « totalement inopérante ». Cette référence, insérée dans le dossier d’enquête publique sur le PPRL, a conduit Bartherotte à porter plainte pour faux, affirmant qu’il s’agissait d’une manipulation.
Malgré le retrait de cette référence dans le document final du PPRL, la réputation de Benoît Bartherotte a été durablement ternie, sa propriété étant désormais classée en zone rouge, inconstructible. Quant à cette fameuse étude de décembre 1997, elle reste introuvable, même après plusieurs perquisitions.
Suite aux plaintes déposées à l’époque, une instruction a été ouverte, comprenant l’audition de l’ancien préfet Christian Frémont et l’implication d’un responsable de l’agence Sogreah Bordeaux-Mérignac. Cette enquête s’est conclue par un non-lieu en 2019, une décision que Bartherotte n’a pas contestée en raison d’un accord avec le préfet Lallement.
Cet accord avait mené à une éventuelle révision du PPRL en 2019, fondée sur deux études, dont celle qui confirme l’efficacité de la digue de Bartherotte. Cependant, la révision actuelle, qui examine près de quarante études, est jugée « non conforme » à cet accord par Bartherotte, qui se dit résolu à faire avancer la situation grâce à ses récents signalements au parquet.
Source : Sudouest.fr
