Érosion au Cap Ferret : des associations saisissent la justice
Trois associations représentant 300 propriétaires au Cap Ferret ont déposé un signalement auprès du parquet à propos d’allégations graves.
Au cœur de cette initiative se trouve Benoît Bartherotte, qui a mené un combat acharné pour défendre l’efficacité de la digue qu’il a construite devant sa propriété à la pointe du Cap Ferret pour lutter contre l’érosion. Il veille encore aujourd’hui à l’entretien de cette structure, soutenue par des dépôts fréquents de pierres, qui s’avère cruciale pour la préservation de cette partie de la presqu’île.
Cette lutte contre la montée des eaux a été compliquée par des affrontements avec l’ancienne municipalité et certains services de l’État. Cependant, Bartherotte s’est désormais retrouvé épaulé par l’Association de défense de la pointe du Cap Ferret (ADPCF) qu’il préside, ainsi que par deux autres associations. Ensemble, elles réclament l’ouverture d’une enquête sur des faits évocateurs de « faux et usage de faux », de « mise en danger d’autrui » et de « tentative de détournement de fonds publics » qui remontent à plusieurs années.
Le signalement, effectué par leur avocat Pierre-Olivier Sur, met en lumière des irrégularités concernant le Plan de prévention des risques littoraux (PPRL) de Lège-Cap-Ferret mis en place en 2001. Ces allégations concernent spécifiquement la possibilité de construire au Mimbeau, malgré les risques d’érosion afférents à la fragilité de la digue sous-marine.
Les PPRL, instaurés par la loi Barnier de 1995, sont censés réguler les zones constructibles afin de protéger des terrains face au recul du trait de côte. Dans le cas de Lège-Cap-Ferret, la question est d’une valeur économique considérable, impliquant potentiellement des centaines de millions d’euros. Cependant, le premier PPRL a permis à de nombreuses constructions de prospérer, y compris au Mimbeau, en dépit des avis d’experts et des commissaires enquêteurs clairement favorables à une réévaluation de la zone.
Les associations évoquent également des preuves montrant que les objections formulées lors de l’élaboration du PPRL ont été ignorées, renforçant ainsi l’argument selon lequel des manquements ont pu se produire. Benoît Bartherotte a exprimé que le timing est crucial pour faire cette démarche, notamment en raison d’une récente étude présentée à la mairie, qui, selon lui, minimise encore les risques dans le secteur.
Bien que l’État ait déjà pris des mesures pour rectifier certaines dérives en interdisant la construction à proximité du rivage, les associations en appellent à une révision immédiate du PPRL et espèrent que leurs signalements donneront lieu à une enquête adéquate.
Source : Sudouest.fr
